Financé par

Agence française de développement, la Fondation de France, Région Auvergne-Rhône-Alpes & la Principauté de Monaco

Contexte

Le cyclone tropical Chido, d’une puissance inhabituelle, a frappé l’ensemble de l’île de Mayotte le 14 décembre 2024. Le nord-est, notamment la capitale Mamoudzou et Koungou, où se concentre 50% de la population environ, a subi les dégâts les plus sévères, avec des destructions massives représentant jusqu’à 80 % des infrastructures dans certaines zones. Cependant, d’autres régions de l’île ont également été touchées, avec des vents dépassant 200 km/h, entrainant des inondations et des coupures généralisées d’eau et d’électricité.

L’île s’est trouvée face à une crise humanitaire sans précédent. Le bilan humain, controversé, s’élève officiellement à 40 morts et 41 disparus, avec plus de 5 600 blessés et des milliers de sans-abri, représentant une part significative de la population de l’île. Les vents ont dépassé les 200 km/h, et les dégâts matériels ont touché les habitations, les écoles, les hôpitaux, les routes et les réseaux d’eau et d’électricité.

 

Objectifs de l’évaluation

L’objectif de cette évaluation est double :
  1. Dresser un bilan de la gestion de crise un an après le cyclone, et notamment des mécanismes d’entraide qui se sont mis en place dans la phase d’urgence ;
  2. Tirer les enseignements utiles et coconstruire des recommandations destinées aux différents acteurs impliqués tant au niveau stratégique qu’opérationnel, afin d’être mieux préparé pour la prochaine catastrophe/crise.
Plus spécifiquement, cette analyse à destination des acteurs institutionnels et non-institutionnels vise à favoriser :
  • Un renforcement de la transparence vis à vis des Mahorais et du grand public en matière de préparation et de réponse à la catastrophe Chido.
  • Une adaptation de la réponse aux besoins changeants de la population et aux imprévus (ex. : épidémies post-catastrophe, tensions sociales, aggravation du niveau de pauvreté, etc.).
  • Une meilleure compréhension des mécanismes d’entraide qui se sont spontanément mis en œuvre au sein de la population et qui semblent avoir joué un rôle majeur dans la réponse aux premières urgences.
  • Une meilleure préparation aux catastrophes naturelles ainsi qu’une meilleure coordination notamment entre les pouvoirs publics et les initiatives citoyennes (l’entraide).
  • Une préparation optimale aux risques futurs (climatiques, sanitaires, sécuritaires) et une intégration de la résilience dans la reconstruction.

L’équipe se rendra notamment à Mayotte durant 15 jours à la fin du premier trimestre 2026 afin de rencontrer les acteurs concernés, et de consolider les données et témoignages.

© Photo: FAO Alcidio Guilamba.

Le but de l’exercice et de collecter suffisamment de données (qualitatives et quantitatives) pour dresser un bilan aussi détaillé et objectif que possible de la réponse 12 mois après le cyclone. Cet exercice doit permettre d’identifier les forces et faiblesses de la préparation, de la gestion de crise et de la phase de reconstruction – avec un focus sur les mécanismes d’entraide au sein de la population – et de tirer les enseignements utiles pour une optimisation des systèmes et des ressources disponibles à Mayotte. Leçons d’autant plus pertinentes que Mayotte se situe dans une zone hautement exposée à la formation de cyclones dévastateurs.

Réalisé par

Laurent Saillard

Chargé de recherche, évaluation, formation (depuis 2021)

Charly Camilien Victor

Chargé de recherche, évaluation, formation (depuis 2025)