Financé par

USAID, Irish Aid & UKAID

Dans le contexte haïtien, les risques sont multiples et diversifiés par leur nature et leur fréquence. La vulnérabilité d’Haïti vis-à-vis de ces risques est d’autant plus grande que la majorité des haïtiens vivent dans des situations précaires et dans la pauvreté. Éclipsé par le risque cyclonique, plus fréquent, et par les difficultés économiques et politiques quotidiennes, le risque sismique n’était présent ni dans les esprits de la population, ni dans ceux des dirigeants.

Dans le domaine de la construction, la volonté de se prémunir contre les cyclones, le sentiment d’insécurité au quotidien et l’aspiration à la modernité occidentale ont progressivement mené les constructeurs, les propriétaires et les décideurs à préférer les bâtiments en blocs de ciment avec des toitures en béton. Mais cette technique de construction, certes résistante aux cyclones, est trop mal maîtrisée en Haïti pour que les bâtiments puissent résister à un séisme.

Cette étude a visé à comprendre ces évolutions, en intégrant des facteurs techniques, juridiques, sociaux, économiques, politiques, etc. et les spécificités culturelles du monde paysan Haïtien. L’analyse de l’habitat traditionnel rural a permis de tirer des leçons sur la qualité des matériaux utilisés autrefois, les détails architecturaux qui ont contribué à améliorer la pérennité des maisons dans le temps, et les savoir-faire des artisans qui les ont construites. Mais quels facteurs ont conduit les haïtiens à délaisser leurs savoir-faire constructifs traditionnels ? Comment les valoriser aujourd’hui ? Quelles sont les problématiques foncières ? Etc.

Ce travail s’est également consacré à l’analyse des projets de relogement de sinistrés suite au séisme du 12 janvier 2010 dans des habitats permanents ou transitoires : qu’en est-il de la qualité de l’habitat, la durabilité des constructions, mais aussi l’impact sur le développement à long terme, au-delà de la seule fonction d’abri post-catastrophe ? Quelle flexibilité des programmes pour s’adapter aux spécificités culturelles ? Quelle intégration de personnels haïtiens compétents ? Etc.

Cette étude a aussi démontré l’importance des rôles de l’architecte en situation de relogement post-catastrophe, pour reloger des sinistrés dans des habitats pérennes, dignes et adaptés culturellement, mais aussi orienter les choix vers des solutions à la fois durables et respectueuses des objectifs du programme.

Supervisé par

Béatrice Boyer

Référente Questions urbaines (2005-2015)

Réalisé par

Carolyn Garcia

Architecte, spécialiste de la gestion des risques

Vincent Trabaud

Architecte, spécialiste de la gestion des risques