Conscients des caractéristiques propres à la « ville du passé », antérieure au conflit, et choisissant une stratégie d’intervention adaptée à celle-ci, les acteurs humanitaires restent confrontés à un dilemme majeur : le but de l’action humanitaire est-il de faire revivre la ville du passé ou de participer au re-développement de la ville du futur ? Si le but est clairement de participer à la ville du futur, reste à savoir comment maintenir les liens de continuité avec le passé, ce qui fait intrinsèquement partie du développement durable et de la résilience, le fait de savoir survivre à un choc tout en acceptant la transformation créée par celui-ci.

Cette recherche vise à mieux comprendre l’impact des crises dans les contextes urbains, afin de participer à l’amélioration des pratiques humanitaires dans ces contextes, grâce à un travail d’analyse, d’évaluation et de capitalisation des expériences.

Les objectifs plus spécifiques sont de :

  • Mieux comprendre les logiques des acteurs humanitaires et les interactions entre de nombreux organismes locaux intervenant lors des crises en milieu urbain et rural ;
  • Analyser l’impact des projets menés par les acteurs humanitaires dans les zones en crise ;
  • Analyser des dynamiques de retour des victimes de guerre et des pratiques des acteurs internationaux dans le processus de réinvestissement des zones urbaines ;
  • Élaborer des premiers outils de diagnostic pour améliorer l’installation durable des réfugiés en situation de crise et favoriser le passage de l’urgence au développement.

Des études de cas se sont déroulées dans les villes de plusieurs pays : au Mali (Tombouctou et de Gao), en Guinée (Guéckédou et de Kissidougou), au Pakistan (Peshawar), en Angola (Huambo), en Colombie (Bogotá) et en Afghanistan (Kaboul).

Cette étude mise en œuvre avec la collaboration de l’ONG Architecture et Développement fut soutenue par l’ISTED (Institut des Sciences et Techniques de l’Equipement et de l’Environnement pour le Développement) et le ministère des Affaires étrangères français.

Ce travail a abouti à la publication d’un ouvrage intitulé « Villes en Guerre et Guerres en Ville », dans la collection Pratiques Humanitaires que le Groupe URD dirige aux éditions Karthala.

Supervisé par

François Grünewald

Directeur général et scientifique

Réalisé par

Eric Levron

Spécialiste des questions urbaines (2001)