Auteur

Ian Gray

Qu’est-ce que la désintermédiation numérique disruptive ?

J’ai récemment reçu via Tweeter l’image d’une présentation donnée par IBM à des acteurs humanitaires. Celle-ci listait un certain nombre d’entreprises qui modifiaient différents secteurs industriels au moyen d’une désintermédiation numérique, dont Uber (taxis), AirBnB (hôtellerie), Skype (télécommunications), Alibaba (commerce de détail) et Netflix (cinéma). L’hypothèse avancée était que le secteur humanitaire lui-même pourrait être bouleversé et « désintermédié ». Est-ce véritablement possible ?

Tout d’abord, qu’est-ce que la désintermédiation ? Concrètement, c’est le fait de « supprimer les intermédiaires » dans une chaîne de valeur. Les organisations humanitaires sont invariablement des « intermédiaires » puisqu’elles transfèrent des valeurs d’une entité (les bailleurs et soutiens) à une autre (les communautés affectées par une crise). Ce transfert prend le plus souvent une forme monétaire mais il peut aussi se faire sous forme de savoir-faire, d’accès à des réseaux, des connaissances et des partenariats. La désintermédiation numérique supprime les intermédiaires en utilisant des technologies numériques.

Ensuite, qu’est-ce que la « disruption » ? L’utilisation du terme dans le secteur privé a été porté à la connaissance du grand public par Clayton Christensen, professeur à la Harvard Business School, qui a utilisé le terme dans un article fondateur, Disruptive technologies: Catching the wave (Les technologies disruptives : prendre la vague), publié en 1995 par la Harvard Business Review1, article qui a été suivi par son livre, Le Dilemme de l’innovateur (1997)2. Dans ces travaux, Christensen exposait une théorie basée sur des exemples de jeunes entreprises innovantes qui bouleversaient le milieu des acteurs plus traditionnels de chaque industrie. La question qui demeure est de savoir si le secteur humanitaire est l’une de ces « industries » traditionnelles susceptibles d’accueillir une innovation disruptive, en particulier sous la forme d’une désintermédiation numérique, que nous désignerons désormais comme D3 (acronyme de l’expression anglaise Disruptive Digital Disintermediation).

J’utilise souvent la phrase « Si vous pouvez le numériser, alors vous pouvez supprimer des intermédiaires », et bien qu’elle soit excessivement simpliste, elle constitue une bonne règle générale. Une heuristique tout aussi simpliste consiste à voir la réponse humanitaire comme ce qui couvre trois domaines : les populations, les objets et l’argent. Par conséquent, il peut être intéressant d’utiliser cette simplification extrême de manière à souligner comment les composantes de D3 sont déjà en place pour chacun de ces domaines.

 

Les personnes

Il est surprenant de constater le grand nombre d’activités réalisées par l’homme qui peuvent être informatisées. Un bon exemple en est le développement des plateformes de gestion des connaissances qui diffusent des savoir-faire à toute personne disposant d’un accès à ce genre d’outils, comme la plateforme Knowledge Point qui est multi-agences et permet aux personnes d’accéder à une expertise technique difficilement disponible3. La gestion et l’analyse des informations au moyen de plateformes d’informations contextuelles (context awareness platforms) et de salles de situations à distance sont un autre domaine où les informations collectées par les personnes sur le terrain peuvent être combinées avec d’autres données issues des réseaux sociaux et d’Internet avant d’être cartographiées pour fournir une image précise de ce qui est en train de se produire dans un contexte donné4. Par ailleurs, même des tâches plus banales généralement réalisées dans le contexte d’une crise peuvent être menées à bien par des personnes situées à des milliers de kilomètres des systèmes numériques des organisations ou des plateformes numériques externes comme Crowdflower5 et Samasource 6 pour le micro-tasking. Un exemple de micro-tasking volontaire est le Digital Humanitarian Network7qui cartographie l’information après le déclenchement d’une urgence. Une fois qu’un processus ou une connaissance a été numérisé(e), il devient alors possible de le/la faire circuler partout dans le monde, ce qui permet aux personnes situées de l’autre côté de la planète de travailler sur les aspects fondamentaux de la réponse qui sont généralement réalisés dans le contexte d’une crise, mais qui en réalité ne nécessitent pas une personne dotée d’une forte compréhension du contexte d’intervention.

D’une certaine manière, il s’agit là d’améliorations progressives de façons de faire qui existent déjà. Ce qui est le plus nouveau et le plus perturbant, c’est-à-dire le plus disruptif, c’est l’utilisation des outils numériques permettant une réponse humanitaire entre pairs. Le grand succès des réseaux sociaux, en particulier Twitter et Facebook, couplé à l’ubiquité de moteurs de recherche comme Google, a permis – là où un large accès à ces plateformes était possible – que les communautés affectées et leurs réseaux sociaux (famille, amis, diaspora) soient en mesure d’exprimer leurs besoins et d’y répondre de façon totalement indépendante de tout mécanisme de coordination centralisé ou des acteurs traditionnels de l’aide humanitaire. Le premier exemple significatif de cette tendance s’est produit au lendemain du tremblement de terre qu’a connu Haïti en 2010, lorsque le typhon Haiyan/Yolanda a vu ce phénomène atteindre un niveau supérieur.

Durant les cinq dernières années environ, Google, Facebook et d’autres entreprises numériques ont observé comment leurs outils pourraient être optimisés pour un tel appui entre pairs, notamment avec le développement de logiciels comme le « localisateur de personnes » (Person finder)8 qui est conçu pour aider les personnes à se localiser entre elles juste après une urgence. Cette auto-organisation rendue possible par le numérique, entre ceux qui ont besoin d’aide et ceux qui en proposent, crée une plateforme efficace pour supprimer les intermédiaires présents au sein du système humanitaire actuel.

Nous sommes seulement au commencement de l’utilisation des plateformes numériques et des réseaux sociaux en matière de réponse humanitaire entre pairs. Ce type de réponse, où les individus peuvent faire preuve de solidarité vis-à-vis de leurs concitoyens dans des pays à revenus moyens sujets aux crises comme le Kenya et le Nigeria, présente un potentiel énorme. L’utilisation de plateformes et de concepts existants comme Freecycle (pour le don de matériels)9, Uber (pour le transport des biens et des personnes)10 et Airbnb (pour fournir un abri aux personnes déplacées)11 sont certaines formes que la D3 peut prendre dans le secteur humanitaire. Cela crée d’immenses opportunités pour une solidarité individuelle mais aussi de nombreux risques associés12.

 

Les objets

Une grande partie de la réponse consiste généralement dans le transfert de biens non alimentaires à des communautés affectées par une crise. Il existe de nombreux types de biens non alimentaires dont les populations ont besoin juste après une crise, notamment du matériel d’abri d’urgence, des accessoires de cuisine, des couvertures et des seaux. La majorité des biens sont distribués après avoir été stockés dans de grands entrepôts situés dans des plateformes logistiques partout dans le monde, la plupart des organisations humanitaires disposant d’une gestion de la chaîne d’approvisionnement et de fonctions logistiques, ainsi que d’entrepôts contenant de nombreux kits.

Un nouveau phénomène de désintermédiation numérique disruptive est en train de se produire et son impact sera profond sur ces chaînes d’approvisionnement ainsi que sur la distribution d’« objets » dans les contextes humanitaires. Nous nous trouvons en effet actuellement au seuil de ce qui est surnommé la quatrième révolution industrielle13. La troisième révolution industrielle était le processus de numérisation des biens physiques, des systèmes et des processus pour les rendre plus efficients, plus évolutifs et plus accessibles. La quatrième révolution industrielle verra ce processus aller encore plus loin et presque boucler la boucle dans le sens où le monde numérisé peut à présent être utilisé pour contrôler et produire des objets dans le monde physique grâce à l’« Internet des objets », des objets physiques dotés d’une technologie embarquée qui leur permet de se connecter entre eux grâce à Internet pour échanger des données et des nouvelles technologies de fabrication.

La plus répandue et la plus excitante de ces technologies de fabrication est l’impression numérique en 3D. On peut la définir comme la capacité de concevoir soi-même des produits physiques en utilisant un logiciel et en les imprimant soi-même en utilisant une imprimante 3D. On n’en est actuellement qu’à une utilisation à petite échelle mais la première maison imprimée en 3D vient d’être construite14, et cette technique est déjà utilisée pour la fabrication de pièces automobiles15. Le plus excitant pour les organisations humanitaires et de développement, c’est que la production manufacturière peut ainsi devenir hyper-localisée.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour l’action humanitaire ? L’impression en 3D a déjà été testée dans le cadre de plusieurs urgences par des organisations comme Field Ready16. Celles-ci ont commencé à travailler en Haïti, utilisant l’impression en 3D afin de créer des pinces très utiles pour le cordon ombilical, à destination des maternités. En étant implantées au même endroit que le personnel médical, les équipes pouvaient améliorer rapidement et de façon itérative leur conception, ce qui a permis d’obtenir un produit adapté à l’usage prévu dans un laps de temps impossible à atteindre en utilisant des processus traditionnels de fabrication et de chaîne d’approvisionnement. Parallèlement à l’impression 3D, d’autres technologies de fabrication – comme les extrudeuses et la découpe laser – sont capables de fabriquer des « objets » dont ont besoin les communautés affectées par une crise.

Même si ces approches n’en sont qu’à leur début et ne peuvent produire pour l’instant que des petits articles de façon assez lente, les cinq à dix prochaines années vont connaître un changement radical. Les deux principales contraintes en matière d’impression 3D pour les besoins humanitaires sont actuellement le coût, ainsi que la taille et le volume des produits à imprimer rapidement. La première de ces contraintes va connaître une véritable révolution dans les années à venir car certains des matériaux et des technologies d’impression commencent à tomber dans le domaine public. Cela permettra d’utiliser des matériaux génériques non propriétaires pour réaliser des impressions et des imprimantes moins chères, ce qui va donner lieu à une réduction importante des coûts. Le volume est un défi encore plus difficile à surmonter mais des avancées sont également en cours pour résoudre ce problème.

En investissant dans les compétences de micro et petites entreprises locales pour produire ces biens, les éléments de base de la désintermédiation numérique disruptive sont déjà en place. A l’avenir, les importantes fonctions logistiques mais aussi les chaînes d’approvisionnement et les stocks de marchandises basés dans des centres de distribution à l’étranger relèveront ainsi plus du dernier ressort que du premier choix.

 

L’argent

La numérisation de l’argent dans le cadre de la réponse humanitaire est bien documentée et déjà bien amorcée, avec les résultats du récent travail du High-level Panel on Humanitarian Cash Transfers qui appelle à une hausse de l’utilisation de ce mécanisme. Cependant, cette approche ne bouleverse pas encore le secteur, car seuls 6 % de tous les financements humanitaires sont en fait distribués aux communautés affectées au moyen de transferts d’argent17. Pourtant, les preuves sont de plus en plus importantes quant à la puissance d’impact des transferts monétaires sans condition aux communautés vulnérables et affectées par une crise. Un certain nombre d’organisations prennent au sérieux les transferts d’argent et leur capacité à « rebattre les cartes » du secteur. Ainsi, le Programme alimentaire mondial oriente progressivement ses programmes vers les transferts monétaires et les bons d’achat, conscient que l’avènement des transferts monétaires sans condition à grande échelle remet sérieusement en question son modèle économique actuel.

La prolifération des téléphones mobiles et de l’argent mobile signifie qu’à l’avenir, la très grande majorité de ces types de transferts se fera de façon numérique18. En effet, non seulement il s’agit de la meilleure méthodologie si elle est réalisée dans de bonnes conditions, mais c’est aussi la méthodologie la plus évolutive. Les implications de nature à supprimer les intermédiaires des transferts monétaires numériques à grande échelle sont claires. Cela crée le potentiel pour que les dons du grand public et des institutions aillent directement aux populations affectées par une crise, via des plateformes comme Give Directly19. Le rôle des acteurs humanitaires traditionnels dans cette situation demandera à être repensé pour se focaliser sur des secteurs critiques comme l’inclusion, le ciblage et la vérification, l’analyse de marché et les mécanismes de redevabilité. La pleine implication des transferts monétaires sans condition et à grande échelle demandera à basculer d’un système axé sur l’offre, qui répond à un besoin, à un système basé sur la demande, qui répond aux personnes en mesure de « choisir » pour quels biens et services elles sont prêtes à payer. Les crises humanitaires étant complexes et de large échelle, les transferts monétaires numériques ne seront donc pas toujours la solution la plus appropriée. Cependant, ils vont devenir la norme plutôt que l’exception.

Les transferts monétaires numériques ne constituent pas le stade ultime des changements que la désintermédiation numérique disruptive pourrait apporter au secteur humanitaire. Les e-monnaies, comme la monnaie numérique Bitcoin, ont démontré qu’il existe une opportunité pour créer de la valeur que les personnes peuvent échanger contre des biens et des services. La façon la plus simple d’expliquer les e-monnaies est la suivante : la seule raison pour laquelle l’argent fonctionne est la confiance placée dans la Banque centrale du pays qui garantit sa valeur. Cette garantie signifie que vous pouvez échanger cet argent contre des biens et des services en sachant que la personne à qui vous les achetez a également confiance dans la valeur de l’argent que vous lui donnez. Confiance est le terme clé. Si les personnes impliquées dans une transaction ont confiance dans une e-monnaie, alors cette dernière a une valeur que vous pouvez utiliser pour acheter des biens et des services. Le potentiel des e-monnaies dans le secteur humanitaire est déjà en cours d’analyse. Paul Currion a écrit à ce sujet en 2015, soulignant comment d’après lui AidCoin pouvait être utilisé ainsi que ses potentiels bénéfices en matière de redevabilité, d’efficience et d’incitations20.

Les e-monnaies court-circuitent les canaux traditionnels par lesquels l’argent est actuellement transféré partout dans le monde. Ces canaux sont les comptes bancaires et les mécanismes de transfert qui sont contrôlés par des institutions financières bien établies, lesquelles exercent une forte influence sur le cadre règlementaire des flux financiers, mais sont également sujettes à des restrictions de politique extérieure dans certaines zones, par exemple des règlementations financières anti-terrorisme. Les organisations qui travaillent actuellement dans le contexte de la crise syrienne comprendront les implications de ces contrôles sur le fait de transférer de l’argent vers les réponses humanitaires et les partenaires intervenant dans le pays. En effet, être en mesure de transférer des fonds en utilisant une e-monnaie signifie que les organisations pourraient court-circuiter les canaux financiers actuels – qui sont restrictifs, réticents aux risques, coûteux et beaucoup trop bureaucratiques –, en particulier si une transparence existe au niveau des monnaies, ce qui permettrait une traçabilité financière, conformément à ce qu’explique Paul Currion dans son article. Par conséquent, dans les décennies à venir, les organisations qui seront confrontées à des circonstances similaires à celles qu’elles connaissent actuellement en Syrie, en ce qui concerne les transferts monétaires, n’envisageront pas seulement les systèmes Hawala comme alternative, mais aussi les e-monnaies.

 

Quelques mots sur les écosystèmes numériques

Aucun produit ni aucune solution unique ne permet une désintermédiation numérique. Une telle désintermédiation se produit lorsqu’un certain nombre de facteurs sont en phase, connectés entre eux et s’auto-alimentent, permettant ainsi que l’écosystème connaisse un changement total. Ainsi, plus les niveaux sont nombreux et plus l’écosystème est dense, et alors plus grandes sont les chances d’aboutir à un véritable changement.

A titre d’exemple, les transferts monétaires du secteur humanitaire qui utilisent MPesa, une technologie de transfert d’argent entre téléphones portables, n’auraient pas pu avoir lieu sans un investissement sérieux des bailleurs dans les réseaux de téléphonie mobile d’Afrique de l’Est, sans la disponibilité et la pénétration massives des téléphones portables sur le marché kenyan et sans la faiblesse des institutions financières kenyanes pour ce qui est de mettre en place des règlementations susceptibles de ralentir cette innovation disruptive.

Dix ans en arrière, l’idée que l’Afrique de l’Est soit à l’avant-garde du transfert d’argent par téléphone mobile aurait semblé irréaliste. Toutefois, parce que l’écosystème est favorable et que les facilitateurs (ou l’absence d’obstacles) sont en place, c’est bien ce qui s’est produit. Ceux qui cherchent à développer des stratégies de résilience dans des pays sujets à des crises devraient étudier l’écosystème numérique et cet environnement favorable afin d’anticiper comment et où l’innovation disruptive numérique pourrait améliorer la résilience, y compris la capacité de réponse locale des communautés et pays affectés.

 

En conclusion, que signifie tout cela pour les acteurs humanitaires ?

Il est évident que la plupart des activités réalisées par les organisations humanitaires pourraient potentiellement être sujettes à une désintermédiation numérique disruptive. Ce ne sera pas un processus uniforme ou rapide, mais il a déjà commencé. Si vous travaillez pour une organisation humanitaire, vous devez alors penser sérieusement aux opportunités et menaces que la désintermédiation numérique disruptive crée pour les communautés auxquelles vous voulez venir en aide et pour ce qui est de la manière dont travaille actuellement votre organisation. Voici quelques exemples parmi les plus pertinents :

Opportunités

  1. Augmenter les possibilités de choix et la dignité des communautés affectées par une crise en ce qui concerne les biens et services auxquels elles peuvent avoir accès, du fait de l’augmentation du nombre d’acteurs.
  2. Changer les « besoins » en « demandes efficaces » grâce à l’utilisation des transferts monétaires numériques.
  3. Renforcer les capacités locales pour que les acteurs fassent partie de la réponse et pour que les populations locales puissent s’auto-organiser.
  4. Réduire les coûts et l’inefficience des chaînes d’approvisionnement surdimensionnées et des bureaucraties excessivement lourdes.
  5. Renforcer la solidarité en proposant plusieurs plateformes et types d’aide mais aussi plusieurs manières de demander de l’aide.
  6. Renforcer la qualité et la rapidité des transferts de connaissances pour améliorer tous les secteurs, notamment les programmes de santé, d’éducation, d’eau-assainissement-hygiène et de protection.

Menaces

  1. Contribution à l’érosion des principes humanitaires puisque l’assistance est fournie par de nombreux acteurs non humanitaires et que l’aide est distribuée sur la base d’autres facteurs que les besoins.
    Marchandisation du bien public qui peut amener à une corporatisation de l’aide humanitaire.
  2. L’exclusion numérique pourrait accroître la vulnérabilité des personnes qui n’ont pas accès aux téléphones portables et à Internet, ou qui ne savent pas s’en servir.
  3. La qualité de la réponse pourrait se dégrader puisque les nouveaux acteurs ne respectent pas certaines lignes directrices comme la Norme humanitaire fondamentale.
  4. Aggravation des conflits et augmentation des questions de protection pour les populations affectées là où les informations et les données deviennent des armes pour les parties au conflit.

Quoi qu’il en soit, le fait de réfléchir à ces opportunités et ces menaces n’est pas suffisant. Il est par conséquent vital de commencer à renforcer les capacités de votre organisation pour maîtriser les nouvelles technologies et les nouvelles approches si vous voulez améliorer votre travail humanitaire et garantir que votre organisation saura s’adapter au futur de la réponse humanitaire.

 

Ian Gray est le fondateur de Gray Dot Catalyst, un cabinet d’expertise-conseil spécialisé sur les questions de stratégie, d’innovation et de partenariat.

  1. Bower, J. L. et Christensen, C. L. (1995), ‘Disruptive Technologies: Catching the Wave,’ Harvard Business Review, January-February Edition 1995, Harvard Business School Publishing, Boston, Massachusetts
  2. Christensen, C. L. (1997) The Innovators Dilemma: When New Technologies Cause Great Firms to Fail, Harvard Business Review Press, Boston, Massachusetts.
  3. https://knowledgepoint.org/en/questions/ (dernier accès le 13 mars 2016).
  4. Exemple : http://www.speedevidence.com (dernier accès le 13 mars 2016).
  5. http://www.crowdflower.com (dernier accès le 13 mars 2016).
  6. http://www.samasource.org (dernier accès le 13 mars 2016).
  7. http://digitalhumanitarians.com (dernier accès le 13 mars 2016).
  8. https://google.org/personfinder/global/home.html (dernier accès le 13 mars 2016).
  9. https://www.freecycle.org (dernier accès le 13 mars 2016).
  10. https://www.uber.com (dernier accès le 13 mars 2016).
  11. https://www.airbnb.co.uk (dernier accès le 13 mars 2016).
  12. La capacité des outils numériques à venir en aide aux communautés en matière de redevabilité des détenteurs de mandat et des organisations puissantes se situe en dehors du périmètre de cet article en raison des contraintes de taille et du fait que cela ne renvoie pas directement à la question de suppression des intermédiaires. Les outils numériques accroissent le pouvoir démocratique et le pouvoir de consommateur de nombreuses communautés affectées qui savent les utiliser pour faire entendre leur voix et leurs histoires dans le but d’influencer les preneurs de décision mais aussi l’opinion publique aux niveaux local et mondial.
  13. http://www.weforum.org/agenda/2016/01/the-fourth-industrial-revolution-what-it-means-and-how-to-respond (dernier accès le 13 mars 2016).
  14. http://www.cnet.com/uk/news/worlds-first-3d-printed-apartment-building-constructed-in-china/ (dernier accès le 13 mars 2016).
  15. http://3dprintingindustry.com/automotive/ (dernier accès le 13 mars 2016).
  16. http://www.fieldready.org (dernier accès le 13 mars 2016).
  17. Voir ‘Doing Cash Differently: How Cash Transfers can Transform Humanitarian Aid, Report of the High Level Panel on Humanitarian Cash Transfers, Overseas Development Institute, London September, 2015.
  18. Ibid., pp. 6 & 13.
  19. https://www.givedirectly.org (dernier accès le 13 mars 2016).
  20. Voir https://medium.com/@paulcurrion/introduction-513f86ed92df#.c7a1hhvvd (dernier accès le 13 mars 2016).

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