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Communauté et approche communautaire en Haïti

Du 19 août au 21 septembre 2012, l’Observatoire Haïti du Groupe URD a effectué une recherche sur l’approche communautaire et la notion de « communauté » en Haïti. Menée par l’anthropologue Alice Corbet, cette étude se consacre à interroger la méthode de l’approche communautaire qui traverse de nombreux projets mis en place dans les milieux urbains : est-elle toujours nécessaire ? Comment la mettre en place ? Quels sont ses atouts et ses pièges ? D’autre part, par un nécessaire « retour aux sources définitionnelles », la recherche revient sur les différents niveaux de communautés en Haïti, et donc sur une analyse historique, sociale et culturelle de la notion communautaire.

Ainsi, le rapport mis en ligne en novembre 2012 sur le site de l’Observatoire concilie une approche sociale à une approche opérationnelle, par le biais d’analyses et de recommandations.

Il existe en Haïti trois grandes bases communautaires : la famille, le voisinage, et la religion [1]. La famille est un fondement nécessaire : son rythme est régi autour du chef de famille et du lakou [2], qui offre un espace de vie communautaire autour duquel les activités quotidiennes se déroulent. Le lakou a plusieurs dimensions : sociales et organisationnelles (on y prépare les repas…), culturelle et symbolique (le chef du lakou est très respecté, et les esprits habitent le lakou, au centre duquel certains morts sont parfois enterrés…), etc. Les relations de voisinage, nécessaires au niveau social et économique, créent des liens de solidarité parfois tellement essentiels que « vwasen se fanmi / vwazinay se janmi » [3]. Enfin, la pratique religieuse crée une communauté de croyance qui permet de donner un rythme social et des pratiques communes à un ensemble de personnes. Mais les liens de solidarité y sont, de manière générale, assez distendus : communauté d’esprit ne signifie pas toujours solidarité effective. Ces trois structures permettent une autorégulation par l’égalitarisation du niveau de vie de chacun [4].


[1] La plupart des ouvrages historiques et anthropo-sociologique sur Haïti évoquent ces trois axes fondamentaux, notamment ceux de référence de Georges Anglade.

[2] De « la cour », car les lakous ruraux sont organisés autour d’une cour centrale.

[3] Le voisin c’est la famille / le voisinage c’est les amis.

[4] Pour Gérard Barthélémy, la société haïtienne s’autorégule, afin de contrôler l’émergence d’une disparité économique qui créerait un hiatus social, tout comme l’émergence d’un Etat qui monopoliserait certaines activités qui échapperaient alors au contrôle collectif de base. Barthélémy parle alors de « culture de résistance » et de « stratégie de contention » qui produit un « consensus social ». Voir L’univers rural haïtien, le pays en dehors, L’Harmattan, 1991

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