Accueil | Publications | Humanitaires en mouvement | Humanitaires en mouvement n°6 | Les trois piliers de l’espace humanitaire à l’Est du Tchad

La revue du Groupe URD

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Les trois piliers de l’espace humanitaire à l’Est du Tchad
Olivia Collins - François Grünewald

Les humanitaires doivent pouvoir avoir accès aux populations dans les zones touchées par les crises avec un niveau acceptable de liberté de manœuvre pour analyser les besoins d’assistance et de protection, et y répondre sans entrave ni instrumentalisation. Les populations elles-mêmes doivent pouvoir développer leurs stratégies de survie. C’est autour de ces problématiques que se définit l’espace humanitaire. A l’Est du Tchad, cet espace humanitaire a été précarisé par toute une série de facteurs.

Afin de mieux comprendre la réduction de l’espace humanitaire au Tchad, d’en assurer un meilleur respect et de permettre aux acteurs de garder cet essentiel accès aux populations, une étude a été conduite par le Groupe URD à l’Est de ce pays à la demande du Inter-Agency Standing Committee (IASC) en juin et en octobre 2009. Plusieurs mois de travail de terrain, de rencontres avec les acteurs tchadiens et internationaux ont permis de construire une réflexion autour de trois « piliers » de cet espace humanitaire :

  • Le pilier du droit, qui formate les responsabilités des différentes parties prenantes, et notamment des autorités tchadiennes, ainsi que de la Mission des Nations unies pour la République Centrafricaine et le Tchad (MINURCAT) ;
  • Le pilier des principes, qui organise de façon tactique les modes d’interaction des acteurs humanitaires avec le contexte complexe dans lequel ils travaillent ;
  • Le pilier de la sécurité, qui, évidemment, sous-tend le respect du pilier du droit aussi bien que le pilier des principes fondateurs même d’un espace humanitaire.

Cette réflexion s’est construite autour des « jeux d’acteurs » entre les différentes composantes tchadiennes, une très large gamme d’acteurs humanitaires de natures et de mandats divers, et le rôle particulier joué par MINURCAT. En mai 2010, après des démêlés complexes et des négociations difficiles, la résolution 1923 a été signée, annonçant le retrait progressif de la MINURCAT avant la fin de 2010. Depuis, la situation sécuritaire à l’Est du Tchad s’est aggravée avec plusieurs enlèvements et tentatives d’enlèvement, attaques de convoi, attaques dirigées contre le Détachement Intégré de Sécurité (DIS) établit par la MINURCAT, etc. Malgré le dispositif mis en place par le gouvernement tchadien pour assurer la sécurité des humanitaires et de la population à l’Est du Tchad, la communauté humanitaire est de plus en plus inquiète en ce qui concerne l’espace humanitaire dans cette zone : comment recréer un espace de travail et d’accès aux populations ? Comment assurer protection des populations et sécurité des humanitaires ? Plus que jamais, il faut relancer le débat sur l’espace humanitaire au Tchad, de façon la plus collective possible, y compris en impliquant les autorités tchadiennes.