Auteur(s)

Johana Bretou-Klein

Repolitiser les ONG humanitaires face à l’urgence climatique

 

En 2023, il est désormais indiscutable que les dérèglements climatiques vont – et ont déjà – des conséquences dramatiques sur les populations les plus vulnérables, mais aussi sur tous les systèmes qui mènent aux crises, de sorte que le secteur humanitaire risque d’être dépassé, poussé par un manque croissant de financements[1]. Les acteurs humanitaires (bailleurs de fonds et ONG) ont conscience de ces enjeux et ils ont donc pris des engagements pour y répondre, notamment en signant la Charte sur le climat et l’environnement pour les organisations humanitaires, la Déclaration d’engagement des organisations humanitaires sur le climat et la Déclaration des bailleurs de l’aide humanitaire sur le climat et l’environnement. Cependant, face à l’urgence de la situation, 2020-2030 étant la « décennie décisive »[2], il est nécessaire que les ONG humanitaires se positionnent politiquement et jouent leur rôle d’influenceurs dans les sphères internationales. En tant que témoins et acteurs répondant aux impacts du réchauffement climatique, les ONG humanitaires doivent sortir de la « bienséance » (pour reprendre les mots de David Tilus lors des UPH) qui s’est imposée afin de se repolitiser et de faire face à l’augmentation sans précédent des crises humanitaires. Comme le font déjà certaines ONG, par exemple CARE France[3], les ONG humanitaires françaises doivent prendre parti dans la lutte pour le climat et, comme mentionné en introduction de ce numéro se « reconnecter auprès de la société civile », en particulier auprès de mouvements de jeunes (voir encadré ci-dessous), pour agir de façon plus efficace et plus juste.

 

La dépolitisation des ONG

 

La dépolitisation des ONG a été l’un des grands sujets des UPH, notamment en soulignant leur dépendance vis-à-vis des bailleurs et de leurs réglementations qui, de fait, réduisent leur politisation. Bien que nécessaires, ces règlementations peuvent en effet entraver et même décourager un engagement politique des ONG. À titre d’exemple, l’association écologique Alternatiba Poitiers s’est récemment vu recevoir une demande de retrait de subvention de la part de la préfecture sous prétexte que son action irait à l’encontre du contrat d’engagement républicain (CER). Le CER, qui découle de la loi dite « loi séparatisme » du 24 août 2021, « concerne l’association ou la fondation qui demande une subvention auprès d’une autorité administrative »[4] et peut permettre « de limiter toutes subventions à une association qui ne respecte pas les valeurs de la République »[5]. En raison de l’organisation d’un atelier sur la désobéissance civile – tactique très utilisée pour la défense du climat –, une demande de retrait de subvention a donc été faite, exemple qui montre combien les réglementations des bailleurs peuvent entraver les actions des organisations recevant des fonds publics mais aussi les empêcher de s’engager. L’écosystème actuel de financement des ONG peut donc constituer un obstacle à une prise de position publique, surtout si celle-ci est en rapport avec un sujet aussi politisé que le réchauffement climatique.

Or, cette dépolitisation des ONG s’oppose à leur image « originelle ». En effet, dans les années 70 et 80, face aux grandes injustices, les jeunes s’engageaient en « partant dans l’humanitaire » : c’était l’époque des « french doctors » où l’expression « non gouvernemental » avait tout son sens et où la non-neutralité était revendiquée. En d’autres termes, c’était radical de s’engager en ONG. Maintenant – et je parle ici en tant que jeune qui a fait des études dans l’humanitaire -, les ONG humanitaires ne font plus autant rêver car elles sont souvent plutôt perçues comme « gouvernementales ». Certes, elles sont généralement bien vues du grand public – un sondage révèle ainsi que 55 % des Français « déclarent avoir une image (très ou plutôt) favorable à l’égard des ONG et des organisations de solidarité internationale qui interviennent dans les pays en développement »[6] -, mais en raison de leur bureaucratisation (même si celle-ci leur a permis de gagner en rigueur), leurs actions peuvent paradoxalement avoir l’air moins efficaces, moins rapides et moins aptes à mener le changement. Les plus riches sont même parfois décrites comme les « ONG du CAC40 » ou des « pions » du gouvernement, comme entendu à plusieurs reprises lors des UPH. Aussi, les jeunes entrent maintenant souvent dans ce secteur après une formation en humanitaire alors qu’auparavant, il s’agissait plutôt de « reconversions » professionnelles. De ce fait, ils connaissent bien les critiques du monde humanitaire, notamment ses dynamiques néo-libérales et néocoloniales, sans oublier des scandales comme ceux d’Oxfam[7] ou du CICR en Ukraine[8] qui ont eu un impact énorme sur les réseaux sociaux, et donc sur les jeunes. Les ONG internationales n’ont donc plus autant l’image d’organisations indépendantes et radicales susceptibles d’insuffler un vrai changement. Pire : comme rappelé lors des UPH, les ONG sont en retard sur la société civile en matière de féminisme et cela semble également le cas en matière de lutte contre le changement climatique car : « sous couvert de bonnes intentions, on ne prend pas position… sauf que toute action ou inaction est politique, tout silence est politique » (David Tilus). Face à l’urgence climatique, il est donc nécessaire que les ONG humanitaires agissent, plaident et s’engagent publiquement !

 

Pourquoi les ONG doivent-elles se politiser face à l’urgence climatique ?

 

Les impacts du réchauffement climatique, comme l’augmentation en occurrence et en intensité des catastrophes naturelles, ne sont pas dus uniquement à la « nature ». En effet, « pour comprendre les causes des catastrophes, il est essentiel de savoir qu’elles ne sont pas uniquement dues à des événements naturels [mais] sont également le produit d’environnements sociaux, politiques et économiques »[9]. Certains les décrivent même comme des « catastrophes par choix »[10], qui ne sont pas naturelles mais politiques et sociales. Les inégalités socio-économiques sont en effet la cause des vulnérabilités qui vont influer sur les capacités des populations affectées par une catastrophe à survivre et répondre à temps. La lutte contre les inégalités sociales et la pauvreté étant au cœur du mandat humanitaire, les acteurs du secteur de l’aide peuvent et doivent donc s’impliquer dans la lutte contre le réchauffement climatique car ce sont les mêmes populations affectées auxquels les humanitaires devront venir en aide, mais dans des conditions encore dégradées. À titre d’exemple, ne pas se positionner contre un projet climaticide comme EACOP – projet de pipeline chauffé de 1 445 km géré par TotalEnergies en Ouganda et en Tanzanie – a des conséquences politiques et humanitaires puisqu’il aboutira au déplacement de plus de 100 000 personnes et causera des problèmes d’insécurité alimentaire[11]. Aussi, cet exemple montre bien que les problématiques de lutte contre le réchauffement climatique et le mandat humanitaire se recoupent.

De plus, un manque d’engagement maintenant sur le plan climatique peut avoir des conséquences dramatiques dans le futur proche sur les populations qui auront besoin d’aide humanitaire. Ainsi, ne pas agir aujourd’hui pourrait aller à l’encontre du principe de « Do No Harm ». Pour autant, même si les ONG se sont engagées à agir dans ce domaine, il est difficile de savoir si les efforts réalisés sont suffisants pour atteindre les objectifs fixés, alors même que les ONG manquent d’argent et que les besoins grandissent. Les bailleurs de fonds ont eux aussi pris des engagements, mais ils ne financent pas plus la réduction de l’empreinte environnementale des ONG et la réponse aux effets du changement climatique[12]. Face à l’urgence de la situation et des besoins, les ONG doivent donc s’engager et demander plus de financements pour y répondre, ou former de nouvelles alliances en s’associant avec des mouvements ou d’autres projets pour que les financements soient mieux dépensés, c’est-à-dire de manière plus efficace. Il faut dès à présent imaginer un monde humanitaire plus politique et plus engagé, surtout en matière de dérèglement climatique car les impacts de ce dernier les affectent directement. Il faut également modifier les critères de « confiance » de la part des bailleurs, mais aussi des ONG internationales dans les partenariats. Dans le précédent numéro de la revue Humanitaires en mouvement, un article soulignait ainsi la puissance du projet RESILAC où les ONG partenaires font partie des processus de décision dès le début[13]. Un projet qui semble innovant, alors que son raisonnement « coule de source » et que nous avons besoin de plus de projets où le pouvoir de décision est égalitaire, voire renversé. Il est en effet primordial que les ONG humanitaires – comme CARE France qui s’allie à une variété de mouvements en lançant une campagne pour taxer les super-pollueurs – se réinventent et s’engagent pour répondre aux nouveaux enjeux du réchauffement climatique.

 

« Il faut écouter les doigts d’honneur que l’on reçoit ». Cette phrase prononcée lors des UPH souligne bien le changement nécessaire des ONG humanitaires, en particulier face à l’urgence climatique. Il est en effet essentiel qu’elles se décentrent et repensent leur valeur ajoutée par rapport à l’ensemble du secteur de l’aide. Les ONG doivent notamment articuler leurs actions et leurs raisons d’être avec les nombreux mouvements de jeunes qui s’engagent, entre autres pour le climat, un peu partout dans le monde, dans les pays où elles siègent, mais aussi dans les pays où elles interviennent. Ces mouvements ont en effet besoin d’appui, notamment organisationnel, pour durer et atteindre leurs objectifs. L’ONG 350.org soutient par exemple ces mouvements pour leur permettre d’être plus utiles et de réussir à se faire entendre et à mener leurs actions. Elle soutient également le mouvement #STOPEACOP, qui lutte contre le projet de pipeline susmentionné. Il s’agit donc d’un mouvement « glocal » (global et local) doté de ramifications dans le monde entier qui se battent toutes pour la même cause[14]. Certes, ces mouvements existent indépendamment de 350.org, mais le soutien de cette ONG leur permet d’obtenir les moyens nécessaires à leurs actions. Il est donc crucial de soutenir ces mouvements militants en les traitant comme des alliés et des vecteurs de transmission de nouveaux imaginaires et d’engagements politiques des ONG face à l’urgence climatique.

 

Conclusion

 

En essayant d’imaginer le rôle des ONG internationales en 2030 pour répondre aux changements structurels et politiques à venir, un rapport de l’IRIS les envisage comme des « ONGI à votre service » où elles deviennent prestataires de services pour les acteurs humanitaires locaux et régionaux[15]. Ce scénario semble également cohérent avec les principes de la localisation et le manque de moyens financiers face aux crises qui s’aggrave. Ainsi, les ONG internationales pourraient servir de support aux mouvements qui existent déjà, ce qui implique qu’elles réduisent leurs actions directes, mais qui leur permettrait de réduire leur empreinte environnementale, en voyageant moins et seulement lorsque cela est nécessaire, conformément à leurs engagements institutionnels.

Certains diront que ce serait « la mort joyeuse des ONG » et que cela irait à l’encontre du fonctionnement des ONG en tant qu’acteur direct sur le terrain. On peut aussi critiquer cette évolution en jugeant qu’elle « déconnectera » les ONG du terrain, ce qui réduirait la qualité de l’aide fournie. Cependant, face à une réduction des moyens et une augmentation des crises couplées à un engagement à réduire leur empreinte environnementale, comment les ONG internationales pourront-elles faire face aux crises de demain sans s’allier aux mouvements qui existent et qui ont besoin de soutien ? Le réchauffement climatique est déjà une crise humanitaire et son impact ne va cesser de croître. Ces deux combats sont donc le même en réalité : c’est au cœur du mandat humanitaire et c’est une question de « life-saving », de survie !

 

De nouveaux imaginaires pour l’action humanitaire : quelle place pour les jeunes ?

 

Pour transmettre un nouvel imaginaire humanitaire et faire en sorte que ces changements prennent place, l’engagement des jeunes et avec les jeunes peut être une partie de la réponse. Ceux-ci sont toutefois au centre de deux « ressentis » contradictoires. D’un côté, ils sont perçus comme les plus concernés par le réchauffement climatique, et de fait une personne née en 2020 va subir jusqu’à 7 fois plus de vagues de chaleur qu’une personne née en 1960[16] – on présuppose donc qu’ils vont « naturellement » apporter du changement dans la politique, les entreprises et les organisations ; et parfois ils sont perçus comme « paresseux », « incultes », voire « égoïstes et individualistes »[17]. Par ailleurs, des études montrent que « les jeunes ont tendance à être systématiquement exclus de la prise de décision, tant dans le Nord que dans le Sud, au niveau des organisations, des communautés et des pays »[18]. Et si les ONG proposent de nombreuses places aux stagiaires (peu ou pas payés), on en trouve moins pour les « juniors » (salariés).

Dans les pays où interviennent les ONG internationales, le tableau est encore plus sombre. En effet, « les jeunes locaux sont souvent les premiers à intervenir en cas d’urgence, mais… les acteurs humanitaires ont tendance à les traiter comme des victimes passives ayant un rôle limité à jouer dans la communication et la réponse aux crises »[19], négligeant ainsi leur potentiel en tant qu’agents compétents pendant les crises. Alors comment allier les deux ? Comment permettre aux jeunes d’apporter ce changement « naturel » mais aussi de combler le manque d’expérience et d’aptitudes, dilemme qu’illustre bien la campagne d’Amnesty International intitulée « Bienvenue aux idéalistes » ?

Passer à côté de l’engagement des jeunes, c’est aussi passer à côté d’une nouvelle répartition des dons humanitaires. En effet, en raison de leur manque de confiance envers les ONG et de la montée des réseaux sociaux, les jeunes partagent des liens pour financer directement des organisations locales dans les crises et y contribuent. Cela s’est notamment produit après le séisme en Syrie et en Turquie, où les campagnes des ONG arrivent quelques heures ou jours après que des liens pour les White Helmets par exemple ont été (re)postés et (re)partagés sur les réseaux sociaux[20]. De plus, ces nouvelles formes de financements permettent aussi « aux communautés touchées de construire leurs propres récits… dans certains cas, ces récits peuvent explicitement s’opposer à la manière dont les personnes extérieures [grandes ONG] présentent leurs communautés, par exemple en contestant la réduction de leur identité à celle de réfugiés ou de victimes »[21]. Les ONG internationales devraient prendre en compte ces nouvelles façons de financer les crises par les jeunes et sur les réseaux, où l’argent va souvent directement à des ONG sur place. Cela permet de changer la dynamique habituelle où l’argent va des bailleurs aux ONG internationales qui sous-contractent au partenaire d’implémentation local, l’argent étant passé par plusieurs étapes de retenues de fonds. L’humanitaire doit donc s’adapter au plus vite pour être compatible avec la réalité d’aujourd’hui.

Intégrer les jeunes dans le fonctionnement des ONG internationales et travailler avec les mouvements existants permettrait de redéfinir les rapports de pouvoir tout en rendant l’aide plus efficace.

 

 

[1] Knox Clarke, P. (2021). Climate Change & Humanitarian Action 2021. ADAPT Initiative. https://reliefweb.int/report/world/climate-change-humanitarian-action-2021.

[2] A decisive decade. (2021). Nature Ecology & Evolution, 5(11), 1465‑1465. https://doi.org/10.1038/s41559-021-01582-1.

[3] Climat : Mobilisation de 12 associations, signez notre pétition | ONG CARE France. (s. d.). Care. https://www.carefrance.org/actualites/climat-mobilisation-de-12-associations-signez-notre-petition/.

[4] Le contrat d’engagement républicain : Le guide pratique. (2023, juin 20). Associations.gouv.fr. https://www.associations.gouv.fr/le-contrat-d-engagement-republicain-le-guide-pratique.html.

[5] Subvention à Alternatiba : La ville de Poitiers contre-attaque. (2023, février 13). ici, par France Bleu et France 3. https://www.francebleu.fr/infos/politique/subvention-a-alternatiba-la-ville-de-poitiers-contre-attaque-8847539.

[6] Les ONG de solidarité internationale vues par les Français·es. (s. d.). Focus 2030. https://focus2030.org/Les-ONG-de-solidarite-internationale-vues-par-les-Francais-es.

[7] Oxfam criticised over Haiti sex claims. (2019, juin 11). BBC News. https://www.bbc.com/news/uk-48593401.

[8] Clements-Hunt, A. (2022, avril 5). Supping With the Kremlin Devil: The Red Cross Dilemma. CEPA. https://cepa.org/article/supping-with-the-kremlin-devil-the-red-cross-dilemma/.

[9] Pepper, D., Webster, F., & Revill, G. (2003). Environmentalism: Critical Concepts. Taylor & Francis.

[10] Kelman, I. (2020). Disaster by Choice: How our actions turn natural hazards into catastrophes. Oxford University Press.

[11] Human Rights Watch. (2023). “Our Trust is Broken”—Loss of Land and Livelihoods for Oil Development in Uganda. Human Rights Watch. https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2023/07/uganda0723web.pdf.

[12] En 2023, la DG ECHO pour son HIP part par exemple du principe que le coût de la mise en œuvre des exigences environnementales minimales (MER) est absorbé par le budget total, et que des fonds supplémentaires ne seront pas rajoutés, dans la limite d’un « 10 % cap » pour certaines activités plus coûteuses sur le long terme (https://www.dgecho-partners-helpdesk.eu/download/referencedocumentfile/272)

[13] Samira Habiba Abdoulaye, « Le rôle d’une organisation camerounaise dans le cadre du projet RESILAC, HEM n°24, décembre 2022. https://www.urd.org/fr/revue_humanitaires/le-role-dune-organisation-camerounaise-dans-le-cadre-du-projet-resilac/.

[14] Terren, L., & Soler-i-Martí, R. (2021). “Glocal” and Transversal Engagement in Youth Social Movements: A Twitter-Based Case Study of Fridays For Future-Barcelona. Frontiers in Political Science, 3. https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpos.2021.635822.

[15] IRIS, Action Against Hunger, Centre for Humanitarian Leadership, Futuribles, & IARAN. (2019). L’avenir de l’aide humanitaire Les ONGI en 2030. IRIS/Action Against Hunger/Centre for Humanitarian Leadership/Futuribles/IARAN. https://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2017/10/The-Future_Of_Aid_French.pdf.

[16] Thiery, W., Lange, S., Rogelj, J., Schleussner, C.-F., Gudmundsson, L., Seneviratne, S. I., Andrijevic, M., Frieler, K., Emanuel, K., Geiger, T., Bresch, D. N., Zhao, F., Willner, S. N., Büchner, M., Volkholz, J., Bauer, N., Chang, J., Ciais, P., Dury, M., … Wada, Y. (2021). Intergenerational inequities in exposure to climate extremes. Science, 374(6564), 158‑160. https://doi.org/10.1126/science.abi7339.

[17] Saqué, S. (2023). Sois jeune et tais-toi. Payot & Rivages.

[18] Douglas, A. (2023). NGO reflections on putting the youth first: Improving youth participation in development practice. Development in Practice, 0(0), 1‑13. https://doi.org/10.1080/09614524.2023.2213861.

[19] Haynes, K., & Tanner, T. M. (2015). Empowering young people and strengthening resilience: Youth-centred participatory video as a tool for climate change adaptation and disaster risk reduction. Children’s Geographies, 13(3), 357‑371. https://doi.org/10.1080/14733285.2013.848599.

[20] Saleh, R. A. (2023, février 14). Opinion: It was one of the world’s deadliest catastrophes. Where was the UN? CNN. https://www.cnn.com/2023/02/13/opinions/white-helmets-syria-united-nations-earthquake-al-saleh/index.html.

[21] Lough, O. (2022). Social media and inclusion in humanitarian response (HPG Working Paper), ODI. https://cdn.odi.org/media/documents/Social_media_inclusion.pdf, p. 40.

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p. 34-43.